Histoires de cabornes, de pierre et de moutons, la Carquinche, un drôle de nom


Les derniers moutons de Saint-Cyr.
D’après le témoignage du père Combe, ancien jardinier de la maison Finet à la Jardinière et recueilli en 2012, les cabornes étaient avant (après la guerre), beaucoup plus nombreuses. Mais “Tout le monde allait chercher les pierres…”. On s’y abritait pour traiter les vignes, couvrant encore une partie du Laroche.
Elles servaient à des personnes qui n’avaient pas de logement, “Mr Marceau a été élevé dans une caborne” à la Carquinche. Mr Ponson “en avait deux, une d’été à STRomain, une d’hiver à Pierre Blanche où il vivait toute l’année, se nourrissant de pain et de vin…et où il a pris froid…” En 1738 le notaire Grand enregistrait la vente au vigneron Jean Ponson à la Roche “d’une terre en très mauvais état…dans laquelle il y a une petite caborne…se confinant par le chemin tendant du Treyve du Ciel à Poleymieux de matin (à l’Est)”. Le même semble-t-il, dit Tito, déclarait ensuite au Terrier Genevrier en 1750 “une vigne dans laquelle est une petite maison” située au “ territoire de Charbono, Perrière où Treyve du Ciel”.
On trouve mention d’un autre toponyme Charbono – situé au Mont Thou sur Poleymieux- dans le Terrier Bercheri du XVe siècle. Il désignait au Moyen Age le lieu où l’on produisait le charbon de bois- très prisé à la ville proche- mais aussi le droit donné aux habitants de couper du bois sur les biens communaux comme d’y mener paitre le bétail. A ceux du mont Laroche on menait encore pâturer de petits troupeaux de moutons, assurait Mr Combe.
Mais ce lieu-dit Charbono aussi “ appelé la Carquinche” (Terrier Genevrier), est sans doute tombé en désuétude devant l’usage de ce dernier perdurant jusqu’à maintenant et semble-t-il, venu du fond des âges. En effet la racine “car” signifiant rocher, pierre (Carpates, Carcassonne), est considérée par les linguistes comme l’une des plus anciennes. Et la toponymie procédant par couches successives, s’y serait ajouté un suffixe “inche” issu du latin et servant à former en patois franco-provençal des adjectifs puis des noms de lieux.





